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Débats et prise de position

Pauvreté:

  • Les plus pauvres, au dessous du seuil de faibles revenus (SFR) sont des femmes, vivant seules
  • La majorité des aînés comptent sur les revenus publics à leur retraite
  • Cinq pourcent des aînés (13000) habitent un HLM

Qu’est-ce que le Seuil de faible revenu (SFR)

Le SFR se fond sur les sommes qu’une famille consacre aux catégories de dépenses de base (la nourriture, les vêtements et le logement) par rapport aux dépenses des familles moyennes. Une famille vit sous le SFR si elle consacre à la nourriture, au logement et aux vêtements une somme de son revenu après impôts qui représente 20 points de pourcentage de plus que le ménage moyen.

graph1
  • Le seuil de faible revenu est calculé sur les familles (ménages) et non sur les individus. Le seul cas où nous avons les SFR pour les individus se sont lorsque nous avons des ménages seuls.
  • Le SFR se calcul en fonction du lieu de résidence. Les régions urbaines impliquent des SFR plus élevé. Voir tableau 1 ci-dessous.
  • La pauvreté n’est pas uniquement mesurer par le SFR
  • Il y a eu une diminution importante depuis les années 80 du nombre d’ainés vivant des ménages à faible revenus

TABLEAU 1

seuil_de_pauvrete

 

Le tableau 2 ci-dessous provient de l’enquête sur les dépenses des ménages canadiens 2007 et montre la répartition des revenus des ménages au Québec pour les 65 ans et plus. Ces chiffres semblent corroborer un faible taux d’aîné vivant sous le SFR. Néanmoins on remarque que plus de la moitié des ménages dans lesquels vivent les personnes de 65 ans et plus ont un revenu de moins de 30 000, près du double que dans la population en générale. Il semble que les mesures de soutiens (supplément de revenu garanti/SRG, crédits de logement, etc.) pour les personnes de plus de 65 ans évitent que les aînés aient une SFR, sans plus.

Revenus ménages en millier de dollars

65-69 ans

70-74 ans

75-79 ans

80-84 ans

85 ans et plus

65 ans +

Total de la population

0 à 10 000$

4.2%

0.0%

2.3%

0.0%

0.0%

1.8%

4.7%

10 à 20 000$

16.9%

34.8%

21.8%

15.8%

51.1%

25.9%

12.3%

20 à 30 000$

14.4%

21.3%

28.7%

43.9%

34.0%

25.6%

13.6%

30 à 40 000$

25.4%

10.1%

21.8%

7.0%

8.5%

16.6%

11.7%

40 à 50 000$

15.3%

11.2%

9.2%

15.8%

0.0%

11.3%

11.7%

50 à 60 000$

5.9%

6.7%

4.6%

8.8%

0.0%

5.5%

8.4%

60 à 70 000$

4.2%

4.5%

3.4%

5.3%

0.0%

3.8%

7.0%

70 à 80 000$

5.1%

2.2%

3.4%

0.0%

2.1%

3.0%

6.7%

80 à 90 000$

3.4%

2.2%

3.4%

0.0%

2.1%

2.5%

4.6%

90 à 100 000$

1.7%

1.1%

1.1%

3.5%

2.1%

1.8%

5.4%

Plus de 100 000$

3.4%

5.6%

0.0%

0.0%

0.0%

2.3%

13.8%

La Mesure du panier de consommation (MPC)
C’est quoi le minimum pour vivre décemment au Québec? Pour une famille (2 adultes et 2 enfants), la Mesure du panier de consommation prévoit 26 560 $ par année. Quant à elle, une personne seule aura besoin de 13 280 $ par an.


TABLEAU 2
Répartition du panier de consommation :


Nourriture 28 %Vêtements 10 %Logement 31 %Transport 6 % Autres* 25 %

*ameublement, téléphone, fournitures scolaires, frais de garde, soins de santé non assurés, hygiène personnelle, assurances…


Le Tableau 3 quant à lui est révélateur sur la consommation d’une clientèle plus âgée..


TABLEAU 3

  • On remarque que tous les groupes en haut de 65 ans ont des montants moins élevé que l’ensemble de la population, même que les moins de 25 ans.

S’ajoute à ce constat, l’impact de l’inflation :
  • Comme l’inflation est un indice agrégé, nous oublions parfois qu’il n’affecte pas uniformément tous les groupes. Globalement pour les 65 ans et plus au Québec, à la fin 2010, l’inflation avait touché ce groupe de 1% de plus par rapport à l’année de référence. Par contre, si on regarde pour les groupes de 10 000$ à 20 000$ et de 20 000$ à 30 000$, c’est près de 3% de plus que pour l’ensemble de la population. Le tableau 4 suivant montre l’inflation par rapport à 2002 pour certaines catégories de dépenses

TABLEAU 4

 

2002 = 100

Aliments

123,9

logement

121,6

dépenses courantes, ameublement et équipement du ménage

110,6

habillement et chaussures

88,5

Transports

117,3

Santé et soins personnels

115

Loisirs, formation et lecture

96,7

Boissons alcoolisées et produits du tabac

128,2

Ensemble Québec

115,2

Canada

117,4

 

Le graphique ci-dessous illustre d’avantage l’impact de l’inflation sur les aînés :

graph2

Par ailleurs, que savons-nous sur les revenus des aînés?


Note : La catégorie « Autres sources » inclut le revenu d'emploi, d'autres revenus et tous les transferts gouvernementaux autres que la SV, le Supplément de revenu garanti et le RPC/RRQ.

Source : Calculs de RHDCC fondés selon les données de Statistique Canada. Revenu des particuliers, selon le sexe, le groupe d'âge et la source de revenu, dollars constants de 2007, annuel (tableau CANSIM 202-0407). Ottawa : Statistique Canada, 2009.

CE QUE DIT LE COMITÉ CONSULTATIF DE LUTTE À LA PAUVRETÉ ET À L’EXCLUSION SOCIALE

Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale

 

Vieillir seul : un risque accru de pauvreté

Les personnes seules sont surreprésentées parmi la population à faible revenu. Au Québec, selon les dernières données disponibles, les personnes seules représentent près de 50 % des personnes qui vivent sous le seuil de faible revenu. Parmi les prestataires des programmes d’aide financière de dernier recours, plus des deux tiers des adultes aidés sont des personnes seules, soit 60 % des adultes aidés dans

le Programme d’aide sociale et 82 % dans le Programme de solidarité sociale.

Vieillir en étant seul et pauvre compromet la capacité des personnes à participer pleinement à la société.

Avec l’âge, les conséquences de cette pauvreté se manifesteront sur la santé, qui se sera détériorée précisément en raison des manques de ressources, de moyens, de choix et de pouvoir qui l’accompagnent.

Au-delà du revenu et de la pauvreté matérielle, vieillir seul et pauvre s’accompagne souvent d’un isolement social, un isolement qui s’est construit dans le temps. De plus, l’absence d’une réelle place pour ces personnes de même que l’absence de reconnaissance de leur contribution font en sorte d’aggraver leur exclusion.

Mieux soutenir les personnes qui vieillissent en situation de pauvreté

Pour favoriser l’exercice de la pleine citoyenneté des personnes, il faut leur apporter un meilleur soutien, entre autres par l’amélioration de leurs revenus, la possibilité de se déplacer en toute sécurité ainsi que l’accès à l’information et aux services dont les soins de santé. La situation de faible revenu persistant vécue par plusieurs personnes qui vieillissent seules est une entrave majeure à leur pleine participation sociale; elle compromet l’égalité des chances pour une vieillesse active et s’attaque à la dignité des personnes.

Dans ses avis antérieurs, le Comité consultatif a formulé des recommandations très importantes visant à améliorer les conditions de vie des personnes et des familles en situation de pauvreté et d’exclusion sociale, notamment l’amélioration du revenu, l’accès à un logement adapté et abordable, la révision de l’organisation des services pour mettre au centre la personne humaine dans sa globalité, un meilleur soutien aux organismes communautaires qui interviennent auprès des personnes vulnérables et le droit à la mobilité. Ces recommandations sont tout aussi pertinentes pour apporter des solutions aux problèmes vécus par les personnes seules qui vieillissent en situation de pauvreté.

Au cours des dernières décennies, diverses mesures mises en place ont contribué à l’amélioration de la sécurité économique des personnes aînées, mais les efforts doivent être poursuivis. Pour une personne âgée, le total de la pension de la Sécurité de la vieillesse et du montant maximal de Supplément de revenu garanti est de 1 169 $ (en janvier 2010, c’est-à-dire quelque 14 000 $ par année), soit près de

300 $ de plus que la prestation de base de quelque 887 $ (en janvier 2010, incluant le montant pour la TVQ) que reçoit un prestataire d’aide de dernier recours avec contraintes sévères à l’emploi. Cette différence est toutefois atténuée par le fait que les prestataires peuvent obtenir un soutien pour certains biens et services alors qu’après 65 ans ce n’est plus nécessairement le cas, même si certains besoins

augmentent pourtant en vieillissant.

Plusieurs personnes aînées ne reçoivent pas le Supplément de revenu garanti (SRG) alors qu’elles y auraient droit, tout simplement parce qu’elles n’en connaissent pas l’existence. Selon la Fédération de l’âge d’or du Québec (FADOQ), 40 000 Québécoises et Québécois seraient dans cette situation. Au cours des dernières années, des efforts ont été déployés par le gouvernement fédéral pour informer les aînés qui remplissent une déclaration de revenus de leur droit au SRG. Mais des moyens doivent également

être mis en place pour joindre les aînés qui ne produisent pas de déclaration de revenus et faire en sorte que toutes les personnes aînées produisent une telle déclaration et puissent ainsi bénéficier, lorsqu’elles y sont admissibles, tant du SRG que de tout autre avantage, par exemple le remboursement pour la taxe sur les produits et services (TPS).

De plus, les règles de la sécurité de la vieillesse pénalisent parfois les personnes qui continuent de travailler. En 2008, le seuil d’exemption du revenu d’emploi a été augmenté de 500 $ à 3 500 $. Bien qu’il s’agisse d’un pas dans la bonne direction, il n’en demeure pas moins que, à partir d’un certain seuil, chaque dollar additionnel gagné est retranché du Supplément de revenu garanti, ce qui ne permet pas à ces personnes d’améliorer leur situation de façon significative.

Enfin, mentionnons que plusieurs provinces et territoires canadiens, soit la Nouvelle-Écosse, l’Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta, la Colombie-Britannique, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest offrent des prestations complémentaires aux prestations de la Sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti.


Ce que recommande le Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale afin d’atténuer la pauvreté :

  •  De mettre en place des moyens, y compris l’utilisation du réseau communautaire, pour joindre les personnes aînées qui ne produisent pas de déclaration de revenus et pour les inciter à le faire, en leur fournissant, le cas échéant, l’aide nécessaire;
  •  De faire des représentations auprès du gouvernement fédéral pour que soit examiné le rehaussement du montant du Supplément de revenu garanti versé aux aînés;
  •  Que soit revu le seuil à partir duquel chaque dollar de revenu d’emploi gagné est récupéré sur le montant du Supplément de revenu garanti, et ce, pour encourager la participation au marché du travail des personnes aînées qui le souhaitent
  •  De reconnaître la valeur du travail non rémunéré effectué auprès des enfants ou des adultes en perte d’autonomie. Pour ce faire, le Comité recommande d’améliorer le régime des rentes du Québec en attribuant des crédits de rentes assurables pour les années consacrées à ce travail non  rémunéré. Ces crédits s’ajouteraient aux crédits déjà accumulés.
  •  D’instaurer des crédits d’impôt remboursables afin de compenser les pertes de revenus d’emploi des personnes proches aidantes et couvrir les frais directs engagés par ces dernières;
  •  D’apporter des améliorations aux normes minimales de travail afin d’éviter que les personnes proches aidantes aient à quitter leur emploi pour prendre soin d’un proche :congés rémunérés pour obligation familiale, travail à mi-temps, congés sans solde, etc.;
  • D’inciter les entreprises à mettre sur pied des programmes pour soutenir les travailleuses et les travailleurs dans leur rôle de proches aidants (horaires flexibles, programmes d’aide aux employés, etc.).
  • De plus, le Comité consultatif recommande au gouvernement : De réfléchir sur de nouveaux modèles de logement abordable à mettre en place pour les personnes seules et de soutenir les projets novateurs. Il recommande également que soient mis en place des moyens pour favoriser les colocations;
  • De mettre en place une diversité de logements alternatifs répondant aux besoins des personnes seules ainsi que des logements sociaux et coopératifs qui, en plus d’agir sur le phénomène de la pauvreté, ont des répercussions sur l’intégration sociale;
  • De s’assurer que les logements sont salubres et adaptés à une clientèle vieillissante en bonifiant le financement des programmes d’aide à la rénovation et à l’adaptation pour les propriétaires ainsi que le soutien financier et la fourniture d’équipements pour les locataires;
  • D’augmenter le nombre de ressources intermédiaires d’hébergement abordables pour les personnes en légère perte d’autonomie.
En matière de transport, le Comité consultatif recommande au gouvernement de prévoir un moyen alternatif à l’intention des personnes vieillissantes en situation de pauvreté afin de leur permettre de se déplacer pour répondre à certains de leurs besoins, dans le cas où l’utilisation du transport en commun ou adapté n’est pas adéquat ou disponible. Il pourrait s’agir, par exemple, d’un système de billets de taxi ou de services d’accompagnement pour les personnes moins autonomes.


Revenus et retraite

  • Tendance abaissement prise de la retraite (par manque d’emploi ,en premier et par choix en 2e)
  • Tendance à hausser l’âge des retraites
  • Prochaine cohorte d’aînés : situation précaire plus élevée, à cause de non-participation à des régimes complémentaires, à un faible taux d’épargne-retraite, un lourd taux d’endettement, participation faible au marché du travail et des salaires faibles.

 

Pour connaître les prises de position sur les revenus publics contributifs, cliquez ici