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Revenu des aînés

Si ce sont des raisons financières qui dictent, pour une majorité, ces comportements de maintien ou de retour au travail, il faut comprendre la structure des revenus de retraite au Canada et au Québec.

  1. Le programme fédéral de sécurité de la vieillesse (SV) est d’accès universel pour les Canadiens de 65 ans et plus, sans égard au revenu d’emploi. Il n’est pas associé à une cotisation de travail et il permet d’accorder aux personnes âgées qui n’ont pas d’histoire de travail (ex. les femmes âgées qui n’ont jamais eu d’activité salariée et qui n’ont pas cotisé au régime de retraite public) un Supplément de revenu garanti (SRG). Ce Supplément a alors le statut d’un revenu d’assistance sociale. La prestation est très limitée, offrant, en 2008, une prestation moyenne de 479$ par mois à chaque citoyen âgée de 65 ans ou plus, avec une exigence de résidence au Canada d’au moins 10 ans pour être admissible aux prestations. 434$ est le montant du supplément pour les célibataires dont le revenu annuel est inferieur à 15 672$, alors que 273$ est le supplément pour les couples dont le revenu est inferieur à 20 688$. Donc, une personne célibataire ne peut recevoir que 11 000$ et un couple 18 000$ annuellement de la sécurité de vieillesse, ce qui les place sous le seuil de pauvreté de Statistique Canada.

  1. Le Régime de pension du Canada et son équivalent pour le Québec, la Régie des rentes du Québec (RPC-RRQ) sont financés par les cotisations obligatoires perçues sur tout revenu de travail. La contribution est plafonnée à un maximum de gains admissibles (MGA) de 44 900$. Le maximum mensuel de rentes est fixé à 885$ à 65 ans, en 2008. Par ailleurs, pour toucher ce montant, il faut avoir eu un revenu annuel moyen d’au moins 45 000$. Un travailleur célibataire qui prend sa retraite à 65 ans pourra compter sur un revenu de sources publiques de l’ordre de 21 500$, alors qu’un couple dont seul un des membres a eu une activité rémunérée retirera 28 700$, et 39 300$ dans le cas où les 2 membres du couple ont eu une activité rémunérée.

 

  1. Si un travailleur a eu la chance de travailler dans une entreprise importante pendant un bon nombre d’années, il aura probablement contribué à un régime enregistré de pension (RPA). Au moment de la retraite, l’entreprise versera une pension au travailleur dont le montant dépendra de plusieurs facteurs (nombre d’années de cotisations, rendement actuarielle de la pension, etc.). Signalons que seule 42% de la population active du Québec peut compter sur ce type de régime privé, et que ce régime est complémentaire aux régimes publiques et, en principe, assure au travailleur une rente correspondant à 70% du revenu annuel brut moyen de ses 3 dernières années de travail. Par ailleurs, la réalité est que cette norme de 70% n’est que 61% d’un revenu annuel moyen de carrière de 25 000$, jusqu’à 34% d’un revenu de 50 000$.

 

  1. En dernier lieu, un travailleur peut compter sur des placements personnels dans des régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER) ou sur ses épargnes personnelles. Connaissant cependant le niveau d’endettement des Québécois, seuls les citoyens bien nantis peuvent compter sur cette ressource.

En conclusion: les revenus de retraite des Québécois étant limités, on comprend pour quoi les aînés demeurent actifs au travail à temps plein, ou à temps partiel, le plus longtemps possible.

 

Voir lien : LES AÎNÉS Enjeux…..Débats et Consensus

 

Au fait, qu’est-ce qu’un revenu décent de retraite?

On ne peut débattre de cette question sans connaître les montants nécessaires pour vivre.

La mesure du panier de consommation (MPC) prévoit que pour une famille composée de 2 adultes et de 2 enfants, le montant minimal pour vivre annuellement est de 26 500$ alors que pour une personne seul le montant est de 13 280$.

La répartition du panier de consommation se définit ainsi :

  • Logement 31%
  • Nourriture 28%
  • Autres (téléphone, soins de santé non-assuré, hygiène personnel, assurances) 25%
  • Vêtements 10%
  • Transport 6%